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Taux de cholestérol normal et moyen

Il n’existe pas un seul taux de cholestérol normal : la Haute Autorité de santé fixe l’objectif de cholestérol LDL selon le risque cardiovasculaire, de moins de 1,90 g/L pour une personne à faible risque à moins de 0,70 g/L pour une personne à très haut risque. En France, environ un adulte sur cinq a un LDL supérieur à 1,60 g/L (Santé publique France, données 2015).

Mis à jour le · Rédaction moyenne.org · Nos sources

L’essentiel

Objectif LDL, risque faible (HAS)
< 1,90 g/L
Objectif LDL, risque très élevé (HAS)
< 0,70 g/L
HDL : seuil bas
< 0,40 g/L
Adultes avec un LDL > 1,60 g/L (2015)
≈ 20 %

Sources : HAS, fiche mémo « Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge », 2017 ; Santé publique France, enquête Esteban 2015.

Que mesure un bilan lipidique ?

Le bilan lipidique (ou exploration d’une anomalie lipidique) se fait à jeun depuis 12 heures. Il comporte quatre valeurs :

  • Le cholestérol total, somme de toutes les formes de cholestérol transportées dans le sang.
  • Le cholestérol LDL, dit « mauvais cholestérol » : en excès, il se dépose dans la paroi des artères. C’est la valeur qui sert à décider d’un traitement.
  • Le cholestérol HDL, dit « bon cholestérol » : il ramène le cholestérol vers le foie.
  • Les triglycérides, autres graisses du sang, très sensibles à l’alcool et aux sucres.

Les résultats sont donnés en g/L et souvent en mmol/L. Pour le cholestérol, 1 g/L = 2,59 mmol/L ; pour les triglycérides, 1 g/L = 1,14 mmol/L.

Taux de cholestérol normal : les valeurs de référence

Repères habituels d’un bilan lipidique chez l’adulte sans facteur de risque
ParamètreValeur souhaitableEn mmol/L
Cholestérol LDL (risque faible)< 1,90 g/L< 4,9
Cholestérol HDL> 0,40 g/L> 1,0
Triglycérides< 1,50 g/L< 1,7
Cholestérol total (repère de laboratoire)< 2,00 g/L environ< 5,2

Le cholestérol total seul ne suffit pas à juger : un total à 2,30 g/L peut être rassurant si le HDL est élevé, et préoccupant si c’est le LDL qui l’est. Les normes affichées par les laboratoires varient légèrement de l’un à l’autre.

Objectifs de LDL selon le risque cardiovasculaire

Le médecin évalue d’abord votre risque cardiovasculaire global (âge, sexe, tabac, tension artérielle, diabète, antécédents, maladie rénale), puis fixe une cible de LDL.

Objectifs de cholestérol LDL selon le niveau de risque (HAS, 2017)
Niveau de risqueLDL cibleEn mmol/L
Faible< 1,90 g/L< 4,9
Modéré< 1,30 g/L< 3,4
Élevé< 1,00 g/L< 2,6
Très élevé< 0,70 g/L< 1,8

Les recommandations européennes de 2019 (Société européenne de cardiologie et Société européenne d’athérosclérose) sont plus strictes : moins de 1,16 g/L (3,0 mmol/L) à risque faible et moins de 0,55 g/L (1,4 mmol/L) à très haut risque. Votre médecin peut s’appuyer sur l’une ou l’autre.

Exemple : lire un résultat

Homme de 55 ans, fumeur, tension traitée, risque jugé élevé. LDL mesuré : 1,45 g/L, soit 1,45 × 2,59 = 3,8 mmol/L. La cible HAS pour un risque élevé est de 1,00 g/L : il faudrait baisser le LDL d’environ 31 % ((1,45 − 1,00) ÷ 1,45).

Le cholestérol des Français

D’après l’enquête Esteban, menée par Santé publique France sur des adultes de 18 à 74 ans, environ 20 % des adultes avaient en 2015 un cholestérol LDL supérieur à 1,60 g/L, une proportion similaire chez les hommes et chez les femmes. Les publications de Santé publique France donnent 19,3 % ou 23,3 % selon la définition retenue (seuil de LDL seul, ou prise en compte des personnes traitées). Environ 9 % des adultes prenaient un traitement hypolipémiant.

Santé publique France ne publie pas de taux moyen de cholestérol national récent. Ce qu’on sait : le LDL augmente avec l’âge jusqu’à la soixantaine, augmente chez la femme après la ménopause, et dépend fortement de l’hérédité. L’hypercholestérolémie familiale, d’origine génétique, donne des LDL très élevés dès l’enfance.

Ce qui fait varier le cholestérol

  • L’hérédité, qui explique une grande part du taux de LDL.
  • L’alimentation, surtout les graisses saturées (charcuterie, beurre, fromages gras) ; le cholestérol des aliments joue un rôle plus modeste.
  • Le poids, le tabac et la sédentarité, qui baissent le HDL. L’activité physique régulière l’augmente.
  • Certaines maladies : hypothyroïdie, maladie rénale, diabète mal équilibré (voir la glycémie normale).

Un cholestérol élevé ne donne aucun symptôme. Seul votre médecin peut interpréter le bilan au regard de votre risque global et décider s’il faut un traitement. Un LDL supérieur à 1,90 g/L, ou un LDL très élevé chez un jeune ou chez plusieurs membres d’une même famille, justifie d’en parler rapidement.

Le bilan lipidique est souvent prescrit avec une numération sanguine ; voir le taux d’hémoglobine normal. Pour les autres repères de santé : température corporelle, fréquence respiratoire et fréquence cardiaque par âge.

Questions fréquentes

Un cholestérol total de 2,5 g/L est-il grave ?

Il est au-dessus des repères habituels, mais c’est le LDL, le HDL et votre risque global qui comptent. Un médecin doit interpréter le bilan complet.

Le HDL peut-il être trop élevé ?

Un HDL élevé est en général favorable. Des valeurs très hautes, au-delà de 1 g/L, n’apportent pas de protection supplémentaire démontrée.

À quelle fréquence faire un bilan lipidique ?

Un premier bilan est recommandé à l’âge adulte ; ensuite, le rythme dépend du résultat et des facteurs de risque. Sans anomalie ni facteur de risque, il n’est pas utile de le refaire chaque année.

Sources

  1. Haute Autorité de santé, fiche mémo « Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge », 2017. has-sante.fr
  2. Santé publique France, page « Hypercholestérolémie ». santepubliquefrance.fr
  3. Olié V. et al., « Epidemiology of cardiovascular risk factors: Non-behavioural risk factors », 2024. santepubliquefrance.fr
  4. Mach F. et al., « 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias: lipid modification to reduce cardiovascular risk », European Heart Journal, 2020.